Chapelle Saint Hubert à Ster – Francorchamps

Petite histoire de la chapelle inaugurée en 1890.

Un dimanche comme tous les autres.
Le curé Bourdon vient de prononcer «l’lte Missa est» dans cette église de Francorchamps où en cette année 1887, se trouvaient réunis les gens du village et aussi, les paroissiens de Ster qui suivant la tradition, n’hésitaient pas à faire le trajet pour se rendre aux offices par le «pazai d’messe».
Et bien sûr, ça raconte et ça papote, tout en maugréant contre ces cafetiers de Francorchamps qui retiennent leurs maris, accoudés au comptoir, préférant la petite goutte de péquet après la messe dominicale!
Et, c’est ici, qu’une idée géniale a germé dans l’esprit de ces femmes : Et si on pensait vraiment à faire une église à Ster! Finies ainsi ces longues marches par tous les temps et finis aussi ces arrêts aux bistrots, de ces hommes en sarrau du dimanche.
L’initiative vraiment concrète fut prise par un seul homme. Un homme tenace et décidé. Cet homme du nom de Godefroid Hubert Jamar, organisa une pétition dans le village.
Sa ténacité était telle que l’idée fit vraiment son chemin. Il parvint à créer un comité et, tout doucement, le projet prit forme et les réunions se multiplièrent.
Il fallait penser à un emplacement, choisir un architecte, obtenir les autorisations et surtout, trouver les fonds nécessaires.
Il y avait beaucoup de difficultés à vaincre: Le doyen de Stavelot n’était pas tellement d’accord, le curé de Francorchamps, l’était moins encore, car il pensait perdre des ouailles.
L’architecte Hansen de Spa fut pressenti afin de dresser un premier avant-projet qui ne fut pas accepté et qu’on abandonna. Le second projet fut adopté par le comité.
Concernant l’emplacement de la Chapelle, c’est Jean-Baptiste Dohogne qui fit don du terrain.

Nous sommes en mars 1888. Le village de Ster, à cette époque, compte plus ou moins 400 habitants. Une première souscription circule dans le village, afin de récolter des fonds. Elle rapporte la coquette somme de 7 525 francs (une journée de maçon coûtait 5,25 francs à ce moment-là). Ceci montre à suffisance le désir des habitants de Ster de voir s’ériger la maison du Bon Dieu au milieu de leurs demeures.
Au fil des réunions, des idées ne manquent pas afin de rassembler la somme nécessaire. C’est ainsi que les propriétaires de terrain décident de louer leurs terres à une société de chasse de la région de Vielsalm (qui rassemblait des gens fortunés de tous les coins du pays), pour un terme de 9 ans (plus ou moins 700 hectares), pour la somme de 8 000 francs (somme qui fut versée le 1er août 1888). C’est un chasseur, un certain Mr J. David de Liège qui a offert la statue de St Hubert patron de la Chapelle.
Une deuxième souscription, organisée en novembre 88, rapporte, cette fois, la somme de 2437 francs 50. En additionnant ces trois chiffres déjà cités, nous obtenons au total 17 962 francs 50. L’estimation de l’architecte, pour la construction du bâtiment, s’élève à 14 638 francs 07, on peut raisonnablement aller de l’avant.
L’adjudicataire fut Augustin Hourlay, entrepreneur de maçonnerie à Spa, pour la somme de 13 899 francs, sans compter les 350 francs supplémentaires pour les pierres de taille et les 6 francs 50 au m2 pour le carrelage.
Une petite remarque en passant : le cahier des charges spécifie qu’on ne pourra travailler les dimanches, ni les jours fériés.
C’est en février 1889 que se donnèrent les premiers coups de pioches.
La majorité des pierres proviennent du lieu-dit «La Harotte» situé le long du ruisseau de Hockay. 293 m3 de pierres furent extraite par des professionnels: Pierre Cartier et Gustave Luycks. Les habitants de Ster, quant à eux, ont extrait 43 m3 230 . Les travaux furent menés tambour battant. Les frais de la construction s’élevèrent à 18579 francs 90 et les frais d’ameublement à 6572 francs 30, soit au total 25 110 francs 20.
Ce fut le dimanche de Pâques, le 6 avril1890 que la première messe fut chantée, dans l’allégresse générale, par un professeur de Stavelot, l’abbé Victor Halleux. Celui-ci fut donc le premier chapelain de la chapelle.
Elle fut payée par Victor Sélèque (une messe coûtait 6 francs 15). La chaire de vérité provenait de Odrimont-Lierneux. Elle fut placée le 12 août 1891 par Jean-Baptiste Pottier pour la somme de 6 francs 10. Les 20 bancs ont été fabriqués chez Modeste Lekeux, ébéniste à Grand-Halleux pour la somme de 640 francs. La cloche, qui sonne le si bémol, pèse 473 kg 500 et le battant 17 kg. Le contrepoids en pierre pèse 150 kg. Elle a coûté, avec la monture, 1877 francs 73. Elle provient de la fonderie de Tellin. Avec ses enjolivures, elle est de toute beauté. Sur la face sud, sont gravés les mots «dédiée à St Hubert 1890» et sur la face nord, on peut y lire: «parrain : Guillaume Cornesse, marraine : Marie T’5erstevens – Nicolay de Stavelot, comité : Godefroid Jamar, F. Dohogne, J. Lallemand».
Nous n’avons pas trouvé trace du début du premier harmonium, mais nous savons que le premier organiste fut Ferdinand Marquet, qui était en même temps, garde-champêtre et cantonnier.
Plus tard, cet harmonium se faisant vieux, il fut décidé de le remplacer. Vers les années 1929-1930 et sous la houlette du chapelain l’abbé Dehaleux les jeunes filles du village ont organisé 3 ou 4 soirées théâtrales, afin de récolter les fonds nécessaires.
Ce deuxième instrument a été remplacé par un orgue réalisé par la Manufacture d’Orgues Thomas installée dans notre village depuis 1965. L’inauguration a eu lieu le 28 octobre 1978.
Il compte 18 jeux répartis sur 3 claviers, un pédalier et 1174 tuyaux.
À l’exemple des bâtisseurs, d’il y a plus d’un siècle, la chorale a financé cette construction, aidée de la participation gracieuse de tous ses adhérents, sympathisants et amoureux du chant religieux.
À cette occasion, comme au cours de son histoire, l’église a pu compter sur le bénévolat de gens anonymes et d’artisans locaux pour l’embellir et pour la garnir.
Notons encore la belle toile représentant St Georges terrassant le dragon, œuvre de Mathieu Nisen (1819 -1885) un enfant du pays et devenu portraitiste renommé.

Ster St Joseph à l enfantSt Joseph et Jésus enfant.

Source : brochure  » Pays de Saint Remacle » , septembre 2013, pages 6 et 7.

 

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