Troisième conférence de carême par Henri Bastin (Doyen ) Francorchamps le 8 mars 2018

 

LA PRIÈRE

 « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon Nom , je suis au milieu d’eux »

Nous prions le Notre Père.

La prière dans la vie quotidienne est une prière continue, au long des heures, au long des jours ; un appel à vivre sans arrêt un cœur à cœur avec Dieu . Cette tradition se retrouve dans toutes les spiritualités.

« Homme, on t’a dit ce qui convient , ce que le Seigneur réclame de toi: pratiquer la justice, aimer à être bienveillant, marcher humblement avec ton Dieu » (Michée, 6,8).

‘Justice’ signifie ici ‘ajustement’ : s’accorder à Dieu , humblement.

Comme deux amoureux s’accordent !  L’image de l’amour d’un homme et d’une femme est fréquente dans la Bible : pensons au Cantique des Cantiques,  aux noces de Cana.

D’autres images se présentent à nous pour évoquer la prière. par exemple , la respiration.On dit , de certaines personnes : ‘Il /elle respire la bonté’. Le visage, en particulier , est parlant (par exemple , le visage de Jean Vanier)

Autre image : celle de l’enfance : « Je tiens mon âme tranquille et silencieuse ; mon âme est en moi comme un petit enfant contre sa mère » (Ps 131,2)

Accueillons la grâce de cette prière continuelle ; prier n’est pas un exercice que l’on cadre dans la journée : » PRIEZ SANS CESSE » , nous recommande Saint Paul (Th.5,17).

Pour se familiariser avec Dieu , relire sa vie, chaque soir : revivre sa journée , et dire merci pour les petites choses où l’on discerne la présence du Seigneur.

Cette dimension de gratitude , de reconnaissance, est toujours présente dans la prière , qui est toujours une réponse à la grâce reçue .

« Que rendrai-je au Seigneur pour le bien qu’Il m’a fait ?, » (Ps 115,3)

« Priez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance » (Th, 5, 17)

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en Toi » (St Augustin, Confessions) : nous portons donc en nous le désir de Dieu , même à notre insu. Le Seigneur vient nous donner la conscience de ce désir, à tous, quels qu’ils soient.

Discrètement, secrètement, beaucoup vivent ce dialogue permanent avec le Seigneur.Qu’est-ce que la prière continuelle ? « La prière, c’est Dieu qui vient agir toutes choses dans le cœur de l’homme  » (St Grégoire).

Pouvons-nous affirmer que c’est Dieu qui nous saisit, en toutes nos démarches ? 

Or, depuis notre baptême , nous sommes HABITES par la Trinité, Père, Fils et Esprit : la dynamique, le joie de l’Amour du Père pour le Fils, elle est dans notre cœur ; en nous, Jésus ne cesse de louer le Père ; cette réalité peut être vécue, sentie, mais la plupart n’en ont pas conscience.

La bonne odeur de Dieu dans nos vies ! Le regard, les gestes de certains reflètent cette présence de Dieu en eux.

Il ne s’agit pas, d’abord, de ‘dire des prières’ , mais « d’avoir bon d’être ensemble », comme ce vieux couple paisiblement assis sur un banc, et qui n’a pas besoin de mots pour dire comme il est bon d’être ensemble

« Prier sans cesse » : comment ? « Tu pries sans cesse quand sans cesse tu es habité par le désir d’intimité avec Dieu » , nous dit St Augustin.

Fléchir le genou, élever les mains , c’est bien, mais « il y a une autre prière, intérieure, qui est sans relâche ; c’est le désir » (Discours sur les Psaumes, 37,14). Ne cesse pas de désirer. Ce qui serait inquiétant,ce serait de perdre ce désir. Qui dit désir, dit amour: la prière prépare le cœur à être comblé. Entretenons cette flamme par de petites formules, qu nous répèterons sans cesse, avec amour.

Cette prière-là ne nous distrait jamais de nos activités. En Dieu, tout est vécu avec Lui. Le « devoir d’état », c’est d’être fidèle à Dieu dans l’oeuvre qu’Il nous confie. Un vrai priant n’est pas ‘confit en dévotions’ ; un vrai priant ‘se mouille’, s’engage !

Plus Jésus a eu ce cœur à cœur avec son Père, plus Il a été soumis à sa Volonté. 

« L’éternité entre dans notre existence consciente dans la mesure où nous mettons le cap sur Dieu » observe Teilhard de Chardin.

Voyez, dans la Bible, l’éloge du vin , l’éloge de la femme (‘biche aimable, gracieuse gazelle ») et aussi de la femme silencieuse (qui fait la joie du Seigneur) , l’éloge de l’ami fidèle . A une certaine époque, il était suspect « d’avoir bon » ; on a connu cette spiritualité doloriste jusque dans certaine communautés religieuses.

« La joie de l’Évangile » , cette exhortation apostolique du Pape François, invite, au contraire, à permettre à la joie de la foi de s’exprimer .

Faire en sorte que toute ma vie soit remise en Dieu avec reconnaissance. « Et Dieu vit que cela était bon » : avons-nous des mines de joie ? !

Prier dans la souffrance !

Les plus grands saints ont traversé la souffrance. Quand le cœur et l’âme  n’y sont plus, quand le corps seul peut encore faire un geste , regarder la Croix, comme le fit Sainte Thérèse de Lisieux.

Importance d’appeler un prêtre à temps, pour le sacrement des mourants , quand le souffrant est encore conscient. Le geste à faire est de lui soutenir le bras, pas de le retenir.

Prier silencieusement aux côtés de quelqu’un dans le coma : le Seigneur est présent.

Prier dans la difficulté !

Ce qui peut nous aider : une croix (I H S); la tenir en main .

Serrer un caillou dans la main (‘Seigneur, c’est Toi mon Rocher’)

Avoir, dans son champ de vision , une icône du Christ : puissant soutien quand on a affaire à un visiteur !

Prier avec Marie !

Qu’elle soit présente en chaque pièce de notre maison !

Un protestant allemand observe que « la grâce opère seulement dans les hommes qui coopèrent.Et Marie est le signe dressé dans l’histoire de l’humanité , que seule la grâce opère, mais justement dans les hommes qui coopèrent ». Et s’étonne que ‘dans l’Eglise catholique, on semble abandonner le culte de la Vierge’ 

Que Marie soit présente dans nos voitures , dans nos familles , dans nos communautés.

Lors d’exorcismes, on a pu observer que des personnes ont été libérées au moment précis de la prière du Chapelet.

Prière de Saint Bernard.

Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages, ait été abandonné.

Animé de cette confiance, ô Vierge des vierges, ô ma mère, je viens vers vous en gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds.

O Mère du Verbe incarné, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.

Amen.

 

Hervé GOYENS 

 

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