Le dimanche 26 mars 2017 , lettre des évêques de Belgique :
Populorum Communio ou la Communion des peuples
 

               «Dansons-nous sur un volcan prêt à entrer en éruption?»  C’est par cette question provocante que débute la lettre des évêques de Belgique publiée pour le Carême de cette année et intitulée Populorum communio.

                La question posée invite à ouvrir les yeux sur les déséquilibres et les injustices qui marquent notre monde.

                Pour y répondre, les évêques ont écrit cette lettre, qui ambitionne d’actualiser pour notre pays l’enseignement et l’engagement social de l’Eglise, à l’occasion des 50 ans de la publication de l’encyclique du pape Paul VI, Populorum progressio, le 26 mars 1967. A l’époque, il s’agissait de s’engager en faveur du développement des peuples, à un niveau planétaire.
Aujourd’hui, avec la mondialisation de la société et l’évolution de l’histoire, il s’agit en outre de penser à la communion des peuples, c’est-à-dire à la paix entre les nations, dans la justice et la solidarité. Le pape François nous engage résolument sur cette voie, lui qui a fait son premier voyage pastoral à l’île de Lampedusa pour valoriser l’accueil des réfugiés et des immigrés.

           Les évêques relèvent quatre défis dans leur lettre et proposent des pistes de réponse.

 Le premier défi est celui de la technologie et des conséquences
du développement des sciences.

  «Des innovations constantes changent nos modes de vie. L’ordinateur, le téléphone portable et le développement du numérique ont révolutionné la vie quotidienne sur tous les continents et entraîné une globalisation du monde […]. La notion de justice sociale est une réponse cohérente aux défis que présentent la science et la technique dans notre monde actuel» (III,1).

               Le second défi est celui de l’économie.

«L’économie crée un grand nombre de personnes exclues des bénéfices et exerce une domination sur les autres secteurs d’activités, au nom d’une logique prépondérante de rentabilité à tout prix» (III,2). Mais «aujourd’hui, grâce à une action inspirée par la justice sociale et la solidarité évangélique, on peut construire une gouvernance mondiale et une conscience sociale internationale qui maîtriseraient les injustices produites par l’économie sauvage et par les guerres locales dévastatrices. On permettrait ainsi de sortir de l’exclusion économique un grand nombre de personnes victimes de cette logique économique non contrôlée» (IV,2).

               Le troisième défi est celui des conflits entre nations et de la diffusion de la violence.  

«Pour travailler à la communion des peuples, les chrétiens ont à découvrir et à reconnaître l’autre, les autres, proches ou lointains, si différents soient-ils, spécialement les pauvres, mais aussi à changer, à se convertir, à la lumière de la foi en Jésus, d’abord sur le plan personnel, mais aussi au niveau des communautés humaines et chrétiennes ainsi que vis-à-vis des structures» (IV,3). Cela implique en particulier un accueil des réfugiés, qui sont en quête de paix et de sécurité.

               Le quatrième défi est celui de l’écologie.   

«Car notre mode de vie, les nombreuses crises, la domination de l’économie et la fragmentation des divers secteurs de l’activité humaine menacent les capacités de la terre. Ce sont précisément les plus vulnérables et les plus pauvres d’entre nous qui en sont les premières victimes. De là une invitation à y faire face, un appel à se sentir ensemble responsables de notre ‘Maison commune’ qu’est la terre. Nous voulons ainsi nous engager sur la voie des institutions ‘en transition’» (IV,4).

Les évêques invitent chaque chrétien relever ces quatre défis à la lumière de l’évangile du 26 mars 2017 (4e dimanche de Carême), celui de l’aveugle-né (Jean 9,1-41). «Jésus se trouve confronté à une situation apparemment sans issue : celle d’un homme malade des yeux, qui a tenté différentes solutions pour trouver la vue, mais n’a pas connu de résultat positif. Cela ressemble un peu à l’impasse que nous discernons dans notre monde actuel, où nous entendons aussi bien le cri du pauvre que celui de la Terre. Cet aveugle-né sera guéri en quatre étapes, que nous pouvons synthétiser en quatre mots : regard, geste, communion et mission» (II). Quatre pistes stimulantes aujourd’hui encore!

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