Troisième conférence « la parabole des œuvres de miséricorde » par le père Jean-Marc de Terwangne

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LA MISERICORDE III

LES ŒUVRES DE MISERICORDE.

Par le Père du Foyer de Charité de Spa-Nivezé, L’Abbé Jean-Marc de TERWANGNE

  • Le titre nous renvoie au texte du jugement dernier en Mathieu.

Traditionnellement en s’inspirant de plusieurs textes bibliques, notamment de l’Ancien Testament, on en dénombre 14.  Il y a 7 œuvres corporelles auxquelles correspondent 7 œuvres spirituelles.

  • Il ne s’agit pas d’une réflexion annexe à l’Evangile. Non ! Il s’agit plutôt du déploiement de l’Evangile dans le concret de la vie.  C’est la bonne nouvelle annoncée aux nations.

CORPORELLES                                                   SPIRITUELLES

  1. Donner à manger aux affamés     1.conseiller ceux qui doutent
  2. Donner à boire aux assoiffés.       2. Instruire les « ignorants »
  3. Vêtir ceux qui sont nus                   3. exhorter les pécheurs
  4. Abriter l’étranger.                            4.consoler les affligés
  5. Soigner les infirmes                        5.Pardonner les offenses
  6. Visiter les prisonniers                     6.La patience avec les ennuyeux
  7. Enterrer les morts.                         7.Prier pour les vivants et les morts.

 

  • Jésus envoie ses disciples pour témoigner de l’expérience vécue par eux de la miséricorde, d’abord là où ils étaient et ensuite jusqu’aux extrémités de la terre.

Note :  la conférence s’inspire d’un petit livre intitulé « les œuvres de la Miséricorde corporelles et spirituelles- Jubilé de la Miséricorde, texte officiel, chez Mame.

  • Saint Augustin (354-430) évêque de Hippone (actuelle Algérie), dans son Sermon 42 dit qu’il y a 2 faces à la Miséricorde :

– donner le bien qu’on possède

-pardonner le mal qu’on reçoit.

  • L’aspect du don est développé par le Pape François dans la Bulle d’indiction annonçant l’année jubilaire.

« Que le peuple chrétien réfléchisse sur les œuvres de la miséricorde corporelles et spirituelles.  Ce sera une façon de réveiller notre conscience endormie…et de pénétrer le cœur de l’Evangile dont les pauvres sont les premiers destinataires …Toute la prédication de Jésus illustre et met en pratique les Œuvres de Miséricorde.

« C’est par ces œuvres qu’on vérifiera si on est, oui ou non, de vrais disciples ».

Isaïe 61,1-2 « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car Il m’a donné l’onction ; Il m’a envoyé porter la bonne Nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération, et aux prisonniers la délivrance, proclamer une année de grâce de la part du Seigneur… »

Il s’agit de proclamer cette année de la Miséricorde en paroles et en actions.

Le Pape poursuit : « Ne tombons pas tous dans l’indifférence qui humilie, l’habitude qui paralyse, qui empêche de découvrir la NOUVEAUTÉ (chemin de résurrection).

Ouvrons les yeux sur les misères du monde, sur les blessures de ceux qui sont privés de dignité.  Sentons –nous appelés à entendre leurs cris, que nos mains serrent leurs mains, qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de notre amitié, de notre fraternité. »

C’est un réel programme de toute une vie.  Nous sommes tous en chemin, malgré les blocages qui nous habitent souvent.

Un exemple, il a fallu que je rencontre Stéphane, un handicapé, pour n’en avoir plus peur et ainsi découvrir la très grande richesse de ces personnes différentes.

Il en est de même pour les souffrants.  N’ayons pas peur, ce sont eux qui nous guérissent.

Le Pape : « Que leurs cris deviennent les nôtres. »

Le service ne suffit pas, il faut être habité par l’Amour. « Ensemble, nous briserons les barrières de l’indifférence ».

Isaïe 58, 6-7 (le jeûne agréable à Dieu)

«  Le jeûne que je préfère, dit le Seigneur, c’est ceci :

Défaire les chaînes injustes,

Délier les liens du joug,

Renvoyer libres les opprimés,

Et briser les jougs ?

N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair.

Alors ta lumière éclatera comme l’aurore, ta blessure se guérira rapidement… »

Les œuvres de Miséricorde sont des œuvres d’humanisation.  L’autre est de ta chair, il est ton frère, ta sœur.  Il s’agit de vivre dans la fraternité de Dieu.

Isaïe 55, 10  « le Seigneur fait pleuvoir sur les justes comme sur les méchants » .

JOB 31, 16-17.19.21

Job dit en discutant avec Dieu qu’il ne comprend pas :

« Ai-je été insensibles aux besoins des faibles, laissé languir les yeux de la veuve ?

Ai-je mangé seul mon morceau de pain sans le partager avec l’orphelin ?…

Ai-je vu un miséreux sans vêtements, un pauvre sans couverture ?…

Ai-je agité la main contre un orphelin ?… »

Exemple : Dans une maison de repos, un dame âgée constatait l’absence de chapelle dans l’établissement et disait ( en pensant à la prière) : « on n’a plus que cela à faire ! »

TOBIE 1, 16-18

« Moi Tobie, j’avais souvent fait l’aumône à mes frères de race, je donnais mon pain aux affamés et des habits à ceux qui étaient nus ; j’enterrais les cadavres de mes compatriotes persécutés jetés par-dessus les remparts de la païenne Ninive…J’étais devenu un fossoyeur clandestin… »

Notons que Mt 25 ne cite que 6 œuvres de Miséricorde corporelles.  La 7ème se trouve dans le Livre de Tobie : enterrer et prier pour les morts.

ORIGENE (185-253), commentateur de la Bible, est le premier à parler des œuvres de Miséricorde SPIRITUELLES.

« L’homme ne vit pas seulement de pain mais aussi de la parole de Dieu.  Il s’agit de s’occuper de l’intégralité de la personne.

Voir à ce propos l’encyclique « Laudato Si ».

SAINT JEAN CHRYSOSTOME (344-407), Père de l’Eglise grecque, évêque de Constantinople.

Il parle du SACREMENT DU FRÈRE dans son commentaire de l’Evangile selon St Mathieu.

Il va même encore plus loin puisqu’il le rattache à l’eucharistie.   Les œuvres corporelles sont une manière de participer au don du corps du Christ dans l’Eucharistie.

Honore le corps de Jésus  en donnant du pain à l’affamé.  Honore le Christ en partageant tes biens avec les pauvres.

SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONFORT (1673-1716)

Fondateur des Filles de la Sagesse et des Montfortains, a rédigé un très bel acte d’offrande à la Sainte Vierge : « je te choisis aujourd’hui ô Marie,…pour ma Reine et ma Mère.  Je te livre et consacre, en toute soumission et amour, mon CORPS et mon AME… »

SAINT HOMAS D’AQUIN (1225-1274), théologien dominicain, italien, auteur de la fameuse Somme théologique, confirme et fixe les 2 listes des œuvres de Miséricorde

SAINT JACQUES, chef de l’Eglise à Jérusalem mort martyr par la main des Juifs vers 62.

Jc 2,14-17

« A quoi cela sert-il que quelqu’un dise « j’ai la foi », s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ?  Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dit : « Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ?  Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte… »

Les Œuvres de Miséricorde CORPORELLES.

  1. Donner à manger aux affamés.

Le Notre Père : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Une prière : non pas « Toi Dieu procure du pain à ceux qui n’en n’ont pas mais « procurons du pain » ou mieux encore « fais-nous donner du pain à ceux qui n’en ont pas ».  Il y a aussi la faim spirituelle.

  1. Donner à boire aux assoiffés

« J’ai soif », dit Jésus sur la croix.  Qui va lui donner à boire ?   Sera-ce du vinaigre ?

Le Pape François, dans « Laudato Si  30 » parle de l’accès à l’eau potable comme d’un droit de l’homme fondamental, inaliénable, non commercialisable car il touche à la survie des hommes.

Le psaume 63,2 parle de la soif de l’âme.  « Mon âme languit après Toi Seigneur, comme la biche après l’eau fraîche.  Souvenons-nous aussi des 3 puits de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob.

  1. Accueillir l’Etranger

LV 19,34 « l’Etranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d’Egypte et je vous ai libérés ».

Il nous faut changer de regard sur l’autre.

La règle de St Benoît (480-547) précise qu’il faut considérer l’hôte (l’accueilli, l’étranger) comme un autre Christ.

  1. Vêtir le nu

St Paul (Galates 3,23) parle d’être revêtu du Christ.  Le Christ Lui-même te revêtira de sa grâce par le baptême.

  1. Assister les malades
  2. Visiter les prisonniers.

Ps142, 7-8 « Délivre-moi de mes persécuteurs, ceux qui sont plus forts que moi !  Fais sortir de prison mon âme, que je te rende grâce… »

Héb 13,3 « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez emprisonnés avec eux et de ceux qui sont maltraités, comme étant vous aussi dans un corps. »

  1. Ensevelir les morts

Si 38, 16 « Mon fils, répands tes larmes pour un mort, pousse des lamentations pour montrer ton chagrin, puis enterre le cadavre selon le cérémonial et ne manque pas d’honorer sa tombe. »

Il est à noter que les impies n’avaient pas droit à une tombe.  Pas de lieu-mémoire ! pour que le mal cesse de se propager…

Les œuvres de Miséricorde SPIRITUELLES.

  1. Conseiller ceux qui doutent

Il s’agit aujourd’hui, plutôt que de conseiller, ce qui serait perçu comme faire la leçon, d’ouvrir l’autre à des questionnements, sensibiliser à la recherche de SENS.

  1. Enseigner les « ignorants »

Il faut rendre compte de nos expériences de Miséricorde en ouvrant le cœur à la Foi et à l’Espérance pour vivre la Charité dans une vraie rencontre fraternelle.

  1. Avertir les pécheurs

Il s’agit de la correction fraternelle prônée par l’Ecriture.

Mt 18,15-17 « Si ton frère… »  Il s’agit de construire la fraternité.  Rien à voir avec un règlement de compte ou du réflexe de ne pas se mêler des affaires des autres.  Indifférence ?  Prudence ?  Peur ?  Pas d’ennuis ?

  1. Consoler les affligés

Is 40, 1 « Consolez, consolez mon peuple » C’et le livre de la consolation.

Consoler étymologiquement signifie cum-solus, c’est-à-dire vivre avec celui qui est seul, entrer dans sa solitude en cheminant ensemble.

Mt 5 les Béatitudes « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ».

  1. Pardonner les offenses

Si tu ne deviens pas frère de l’autre, tu ne peux être pardonné toi-même puisque tu n’es pas entré dans le plan de Salut de Dieu.

 

  1. Supporter avec patience les personnes ennuyeuses.

Si 7, 8 « Mieux vaut la patience que la suffisance.  La patience est difficile à l’époque du tout,  tout de suite.

Il faut supporter ce qui dérange car c’est souvent le miroir de nos propres défauts.  On est renvoyé à soi-même.  Inutile d’accuser l’autre.

Exemple : l’écharde dans la chair de St Paul.

  1. Prier pour les vivants et les morts.

Jésus est descendu aux ENFERS (entrailles de la terre, lieu des ténèbres) pour aller rechercher Adam et Eve c’est-à-dire l’humanité.  Il est descendu jusqu’à nous pour nous pardonner et donc nous ressusciter.

PRIÈRE.

Prions pour une Eglise qui nous encourage d’agir concrètement en donnant,

mais aussi pour le cœur en pardonnant car ce sont les 2 faces de la Miséricorde en ACTE.

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